vendredi 14 août 2009

La moralisation des marchés financiers par le G20 a fait "pschitt"


Depuis quelques semaines, le rebond de la bourse ne se dément pas. La profitabilité des banques est réapparue avec le dynamisme de leurs activités de banque d’investissement et de financement. Pourtant les inquiétudes demeurent dans le grand public, le « credit crunch » n’a pas disparu et les possibilités d’octroi de crédit sont toujours aussi limitées. Ainsi, le secteur financier affiche des résultats insolents complètement décorrélé de l’économie réelle dont les timides frémissements du début du deuxième trimestre n’ont pas réellement convaincu.

En outre, le bilan des banques abrite toujours des produits toxiques, même si leur encours continue à diminuer. La perspective de nouvelles faillites des clients « corporate » et « retail » au quatrième trimestre risque aussi de peser sur les créances contractées par ces banques et doit tempérer leur ardeur.

L’enthousiasme sur les marchés est peut-être aussi dopé par l’immobilisme du système financier. En effet, le G20 ne semble pas être en mesure de faire appliquer des règles de bonne conduite décidées lors du dernier sommet au mois d’avril dernier. La lutte contre les paradis fiscaux a fait long feu, les résultats sont maigres en la matière : quelques centaines de clients d’UBS dénoncés au fisc américain. Le sujet des bonus des « traders » revient à la vitesse d’un boomerang, les banques américaines se préparant à verser des primes colossales aux collaborateurs de leurs salles de marchés, comme à la grande époque. Les gouvernements assistent impuissants à ces nouvelles dérives qui font penser au commun des mortels que rien n’a vraiment changé. La moralisation des marchés financiers promise par le G20 a elle aussi fait « pschitt »…

Pourtant, si on y regarde d’un peu plus près, il y a quelques avancées encourageantes. Ainsi, la SEC vient de légiférer sur le High Frequency Trading et le Flash trading en bannissant cette pratique. Cette activité permet en effet aux négociateurs qui possèdent des machines puissantes de scanner très rapidement les ordres de bourse avant tout le monde et de comparer aux prix des autres places ou plateformes de négociation pour pouvoir en tirer un substantiel avantage. En Europe, ce phénomène n’a pris encore trop d’ampleur, sans doute par rapport à une législation plus contraignante, notamment la réglementation européenne MiFID qui vise une compétition accrue et une transparence plus forte dans la formation des prix des ordres de bourse. Tout ne serait plus possible dans le meilleur des mondes….